Marathon de lecture

Jusqu'au 27 août, la fondation Prince Pierre de Monaco, avec la participation de plusieurs bibliothèques et médiathèques du département dont celle de Carros, organise un marathon de lecture ouvert à tous. Pour participer à ce concours, les lecteurs doivent lire l'un des ouvrages en compétition et rédiger une critique littéraire. Les fiches de participation sont disponibles à la médiathèque André-Verdet et doivent être retournées à la section adulte au plus tard le 27 août.

Chaque participant  au marathon de lecture recevra une invitation pour les manifestations de la fondation Prince Pierre de Monaco : rencontre avec les auteurs de la bourse de la découverte le lundi 27 septembre et cérémonie de remise des prix littéraires, musical et artistique le mardi 28 septembre.

Les auteurs des deux meilleures critiques recevront quant à eux un bon d'achat d'une valeur de 500 € valable dans les magasins Fnac et seront invités au dîner donné par la fondation à l'hôtel Hermitage le mardi 28 septembre à l'issue de la cérémonie de la remise des prix.

. Auteurs sélectionnés pour le prix littéraire

 
Clara MalrauxDominique Bona

" Malraux, ce n'est pas seulement André. C'est aussi Clara : sans elle, sa vie, sa légende auraient sans doute été différentes. Entre eux a existé un lien fait de complicité et de passion. Ils se sont aimés, déchirés, trompés. Ils ont tout connu ensemble, sauf l'ennui. Vivant éperdument et en communion les fêtes des années vingt, à la confluence des débats intellectuels, politiques et artistiques, ils ont trouvé dans les voyages l'exotisme, la révolution chinoise, la drogue qui convenait à leurs tempéraments survoltés. L'initiatrice du voyage en Indochine et du pillage des temples d'Angkor, c'est elle. Mais c'est elle aussi qui sauve Malraux de la prison et se lance avec lui dans toutes ses aventures, y compris la guerre d'Espagne. Amoureuse mais libre, vivant ses amours à sa guise, elle supporte mal que son illustre compagnon lui rende la pareille. Supplantée par d'autres femmes - Josette Clotis, Louise de Vilmorin - , elle souffre de l'abandon mais ne se résigne pas. C'est une battante. Faute de partager les combats de Malraux, elle se dresse contre ses idées. Elle milite de plein coeur du côté des faibles, des opprimés, et rêve de fraternité universelle. Destin magnifique et cruel. Ce livre montre comment une femme moderne, libre, tente d'exister à l'ombre d'un grand homme. Non pas par lui mais avec lui. Et même, sans lui. "

D'autres vies que la mienneEmmanuel Carrère

"À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents et celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire ? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai."

Courlande, Jean-Paul Kauffmann

La Courlande, pays de nulle part ? Longtemps occupée par les Soviétiques, interdite d'accès jusqu'en 1991, cette contrée des confins bordée par la mer Baltique surgit aujourd'hui intacte avec ses ciels infinis, ses forêts, ses plages désertes et ses châteaux en ruine détenus naguère par les barons baltes, descendants des chevaliers Teutoniques. Poursuivant une très ancienne histoire d'amour, Jean-Paul Kauffmann a succombé à l'attraction de cet ailleurs, dernière écluse entre le monde slave et le monde germanique. Ce récit de voyage est aussi une enquête sur la disparition : il s'agit de retrouver la trace d'une jeune Courlandaise, d'un chercheur de tombes, d'un monarque français... Retrouver aussi un pays, autrefois une anomalie historique, aujourd'hui à la recherche de son âme.

Bakou, derniers jours, Olivier Rolin

"En 2003, de retour d'Afghanistan, j'avais dû m'arrêter à Bakou, Azerbaïdjan. Je logeais dans un hôtel portant le nom, Apchéron, de la péninsule sur laquelle est construite la ville. J'écrivais alors  un livre composé d'une quarantaine d'histoires se déroulant dans des chambres d'hôtels à travers le monde. Le nom de l'Apchéron, si proche de celui du fleuve des morts de la mythologie grecque, me suggéra l'idée d'y mettre en scène mon propre suicide. La notice biographique sur la couverture du livre mentionnait mes lieux et dates de naissance et de mort : Boulogne-Billancourt, 1947 - Bakou, 2009. Depuis 2004, j'étais donc mort en 2009 à Bakou, dans la chambre 1123 de l'hôtel Apchéron. À mesure que se rapprochait cette fatidique année 2009, les recommandations se faisaient plus pressantes : surtout, si par hasard tu es invité à Bakou en 2009, n'y va pas ! Ces amicales mises en garde firent évidemment naître en moi l'idée qu'au contraire, je devais m'y rendre pour honorer une sorte de rendez-vous, et y demeurer assez longtemps pour laisser à la fiction de ma mort sur les bords de la Caspienne une chance raisonnable de se réaliser. Ce livre est en quelque sorte le journal de mon séjour dans la ville où j'étais supposé mourir. Portraits, choses vues, rêveries, lectures, notes de voyage, évocations de figures du passé, etc. Naturellement, il s'agissait d'un jeu, commençant par un jeu de mots, mais tout de même ce jeu donnait une certaine coloration à mes pensées, orientait jusqu'à un certain point mes imaginations et même mes regards."

Nous on n'aime pas lire, Danièle Sallenave

"Je me suis rendue à plusieurs reprises en 2008 dans un collège "ambition réussite" pour voir comment je pourrais aider les professeurs à donner aux élèves le goût des livres et de la lecture. Je ne sais pas ce que je leur aurai apporté. Mais en regardant travailler deux classes de troisième, j'ai constaté que l'école reste un havre de paix au sein de la vie difficile des villes et des banlieues. Malgré sa décadence, son essoufflement, parfois même son effondrement. Le niveau y baisse plutôt qu'il ne monte, mais elle résiste tant bien que mal. Elle demeure un barrage contre les modèles destructeurs qu'imposent le marché du divertissement, le règne de l'argent et la frénésie de consommer. Ce barrage a un nom : les livres. A l'école, au moins, il y a encore des livres. L'école ne peut pas tout ? Assurément non. Mais si elle cède, alors tout est perdu."

. Auteurs sélectionnés pour la Bourse de la découverte


Le crieur de nuit, Nelly Alard

" J'ai appris la nouvelle ce matin, en écoutant le répondeur. Isa disait : Papa est décédé. Je me suis fait couler un café et je l'ai rappelée, puis j'ai composé le numéro d'Air France. Thierry est entré en bâillant, m'a regardée et a dit : Qu'est-ce qui se passe ? J'ai répondu : Papa est mort. lsa dit : décédé. Moi je dis : mort. Je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants. Depuis le temps que l'idée de la mort m'accompagne, je ne dirais pas qu'elle m'est devenue familière, non, mais j'ai quand même le droit de l'appeler par son nom. Tu es mort. Enfin. "

Antibes, Corinne d'Almeida

Voici un livre qui par la richesse de sa composition autant que par la complexité de son écriture témoigne d'une maîtrise peu ordinaire. Au centre, la narratrice, aide-soignante d'une vieille dame dans un immeuble parisien. D'origine togolaise, elle se rappelle un passé lourd d'événements tragiques. Le souvenir de scènes sexuelles auxquelles l'initie sa soeur aînée la fascine au point qu'elle en ressuscite la magie quelque peu perverse. Le débordement de la rêverie s'accompagne d'un lyrisme tout à la fois torride et funèbre. Elle retire de ce vertige des visions inoubliables.

HHhHLaurent Binet

Découvrez le récit explosif de Laurent Binet, HHhH, et laissez-vous transporter dans la tourmente de la Deuxième Guerre mondiale à Munich, Berlin, Londres, Paris, Kiev, faites un petit détour par le Moyen-Age et repassez par 2010 pour atterrir à Prague, en 1942. HHhH raconte l’histoire de l’attentat contre Heydrich et de la folle traque qui s’ensuivit pour s’achever dans une église au centre de Prague où sept hommes soutinrent un siège de sept heures face à sept cent SS. Reinhard Heydrich, « l’homme le plus dangereux du IIIe Reich », était le bras droit d’Himmler mais chez les SS, on disait « HHhH », ce qui signifiait : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». A l’heure où le débat fait rage autour des rapports tumultueux entre Histoire et fiction, dévorez sans attendre ce roman étonnant qui reconstitue les faits avec une précision maniaque fondée sur un travail de documentation impressionnant mais qui se pose sans cesse la question, entre deux déflagrations : comment raconter une histoire vraie ? Sélectionné pour le Goncourt du premier roman.

Fourrure, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

"C'est en passant devant un kiosque à journaux du boulevard Pierre-Semard, à Nice, qu'Ondine apprit la mort de sa mère. Rares sont les écrivains qui font du bruit en quittant ce monde, Zita Chalitzine en fit beaucoup. Elle se débrouilla pour mourir comme elle avait vécu : en attirant l'attention. D'abord parce que le scandale qui l'avait entachée faisait les gros titres de la presse depuis une semaine, ensuite à cause de son mariage avec un homme de vingt ans son cadet deux jours avant la révélation de sa supercherie littéraire, enfin à cause de sa mort prématurée. Le 6 décembre 2006, rue de Paris, aux Lilas, on retrouva son corps à l'arrière de sa Mercedes. Elle portait un manteau en vison blanc." Après l'enterrement de sa mère, Ondine découvre son dernier manuscrit, une autobiographie. On entre aussitôt dans la vie de cette petite fille d'origine modeste, prête à tout pour devenir quelqu'un. Fille de Madame Claude dans le Paris des années 1970 puis maîtresse du grand auteur Romain Kiev, elle accomplit enfin son rêve : écrire. Les fêtes, les belles voitures, Yves Saint Laurent, on suit Zita dans un tourbillon d'avant-crise mais aussi dans sa chute et dans sa déchéance. Quand on a été aussi haut, on ne peut que retomber très bas.

RuRu, Kim Thuy   R THU

Une femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l'enfance dans sa cage d'or à Saigon, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d'un bateau au large du golfe de Siam, l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la paix, « Ru » dit le vide et le trop-plein, l'égarement et la beauté. De ce tumulte, des incidents tragi-comiques, des objets ordinaires émergent comme autant de repères d'un parcours. En évoquant un bracelet en acrylique rempli de diamants, des bols bleus cerclés d'argent ou la puissance d'une odeur d'assouplissant, Kim Thúy restitue le Vietnam d'hier et d'aujourd'hui avec la maîtrise d'un grand écrivain.

Dans ma peau, Guillaume de Fonclare

"Mon corps est un carcan ; je suis prisonnier d'une gangue de chairs et d'os. Je bataille pour marcher, pour parler, pour écrire, pour mouvoir des muscles qui m'écharpent à chaque moment. Mon esprit ressasse d'identiques rengaines ; je ne vois plus les sourires de mes enfants, ni les tendres regards de celle que j'aime ; je ne vois que mes mains qui tremblent, mes bras qui peinent à amener la nourriture à la bouche et mes jambes qui ploient sous le poids d'un corps devenu trop lourd. Je ne suis plus qu'un homme mal assis qui songe sans fin, et si j'ai aimé ce corps, je le hais à présent. Nous cohabitons désormais et il a le dernier mot en tout ; je ne me suis résolu à cette idée que contraint."

La paresse et l'oubli, David Rochefort

Roman d'une génération, celle des années 90 du siècle précédent. Trois garçons du lycée Saint-James de Neuilly se retrouvent dans leur désir rimbaldien de changer le monde, au moins de le plier à leurs goûts et à leurs aspirations. Amateurs de musique heavy metal et de marijuana, rebelles sans cause et sans fougue excessive, ils boivent beaucoup, tout en rêvant d'actions situationnistes et d'une revue littéraire. L'alcool et la drogue jouent leur rôle obligé : celui de les sortir d'eux-mêmes, d'entretenir en eux un perpétuel éveil. Il y a dans ce premier roman une manière réussie de saisir les enfants perdus d'une époque en crise, servie par une écriture aisée et un art accompli de la formule.

Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit, Fabio Viscogliosi

"Il s'agissait de le traverser, ce couloir, le plus lentement possible, sans se toucher, sans même s'effleurer. Cela pouvait prendre plusieurs longues minutes. Privé de lumière, le temps s'étirait, et nous aussi. Le moindre souffle déclenchait alors l'hystérie, et il n'était pas rare de prendre un coup de genou dans le foie ou dans le nez. Des larmes nous montaient brusquement aux yeux, et il était difficile de décider si l'on pleurait de joie ou de douleur."
Voici un livre en puzzle, 154 courts chapitres - récits, portraits, souvenirs, tableaux, légendes, rêveries, tout à la fois. Par bonds successifs, on croise ainsi Buster Keaton et ses chaussures, un Picasso amoureux des chauves-souris, le chien Snoopy et l'ombre de Tristram Shandy ; on visite les faubourgs de Rome, les trottoirs de Houston Street (NY) ou la gare de Chambéry. Les pièces s'assemblent en cascade dans ce voyage vibrant où se mêlent les pas du narrateur et ceux de son père, figure omniprésente et absente à jamais.




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